Programmation
| Concert symphonique | Musique de chambre |
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Samedi 1er août 2009 - 21 h
Lieu: Le Minotaure - VENDÔME
Concert final des académiciens
Wolfgang Amadeus Mozart, Symphonie n° 29
Samuel Barber, Knoxville Summer of 1915
Felix Mendelssohn, Les Hébrides, ouverture
Maurice Ravel, Tombeau de Couperin
Serge Prokofiev, Symphonie n° 1 « Classique »
Jeunes chefs d’orchestre de l’Académie, direction
D’un louable éclectisme, le programme du concert final du Festival de Vendôme mêle avec bonheur le classicisme viennois de Mozart (revu à sa manière par Prokofiev en 1917 !), la grande tradition française héritée de Rameau et Couperin (mais « corrigée » par le génie de Ravel…), faite de clarté et de finesse, le romantisme le plus fervent (Les Hébrides ou La Grotte de Fingal, ouverture symphonique composée par Mendelssohn au retour d’un voyage en Écosse). Quant au compositeur américain Samuel Barber (1910-1981), si célèbre pour son Adagio pour cordes, l’Académie nous en offre un autre visage avec ce Knoxville, Summer of 1915, datant de 1946-1947, page émouvante et profondément autobiographique qui dépeint une soirée estivale passée en famille dans quelque bourgade du Sud : évocation bucolique où la musique se fait volontiers imitative avant de s’achever par la confidence angoissée de l’enfant s’interrogeant sur sa place dans l’univers.
Lundi 27 juillet 2009 - 21 h
Lieu : Chapelle Saint-Jacques - VENDÔME
Quatuor Leonis
Georges Onslow, Quatuor n° 25
Considéré comme le compositeur de musique de chambre après la mort de Beethoven, George Onslow,
d’origine franco-britannique, est l’auteur d’un catalogue aussi riche en nombre d’opus qu’en qualité,
même si sa facilité, sans doute trop grande, l’a parfois desservi. Partageant sa vie entre son château
d’Auvergne et Paris (où il a notamment étudié avec Dussek, Reicha et Cherubini), le jeune musicien se
fait rapidement remarquer dans les salons où il sait séduire et briller, au point de finir par succéder
à Cherubini à l’Académie des beaux-arts. De la quarantaine de quatuors conservés, le 25e, en si bémol
majeur, publié en 1835, témoigne parfaitement de l’évolution du musicien au contact des grands maîtres
qu’il eut l’heureuse initiative de consulter. Osant ici d’heureuses trouvailles formelles et thématiques,
Onslow se montre un compositeur raffiné, fort d’un art qu’il est justice de redécouvrir aujourd’hui.
Henri Dutilleux, Ainsi la nuit
Né dans une famille profondément ouverte aux arts, Henri Dutilleux entreprend, jeune encore, des études
au conservatoire de Douai avant de rejoindre celui de Paris. Remportant le Grand Prix de Rome en 1938,
les circonstances lui refusent malheureusement son séjour italien, aussi passe-t-il l’année 1939 à l’étude
des musiques de Stravinski et Roussel, tout en se plongeant intensément dans l’œuvre et la théorie de d’Indy.
Il obtient en 1944 un emploi à la Radiodiffusion, qu’il conserve jusqu’en 1963. Nommé en 1961 professeur de
composition à l’École normale, il intègre le CNSM en 1970 comme professeur associé. Si son œuvre musicale est
réduite en nombre, son extrême qualité fut très vite reconnue, lui-même faisant figure de grand compositeur de
l’après-guerre. Des nombreuses récompenses qu’il reçut, on notera le prix Ernst von Siemens, le « Nobel de la
musique », créé en 1974 pour Benjamin Britten, et dont seuls, en France, Olivier Messiaen et Pierre Boulez étaient
alors détenteurs. Écrit entre 1971 et 1977, son quatuor à cordes Ainsi la nuit est une commande de la Fondation
Koussevitzky pour le quatuor Juilliard. Composée de sept sections reliées par des « parenthèses », cette page à
l’architecture subtile confirme les affinités du compositeur avec le monde de la nuit, son attachement quelque peu
nostalgique à la mémoire tout en prolongeant à sa manière l’héritage impressionniste.
Robert Schumann, Quatuor n° 3 en la majeur
Le plus long, mais aussi le plus inventif des trois quatuors à cordes de Robert Schumann, le 3e, en la majeur,
vit le jour, comme les deux autres, entre la toute fin des années 1830 et le début de la décennie suivante. Ici,
Schumann ne cherche nullement à dépasser l’héritage beethovénien au long processus évolutif, mais tout au contraire
à revenir au modèle classique hérité de Haydn qu’il parsème de touches romantiques. Composée en quinze jours,
l’œuvre fut créée par Ferdinand David et ses condisciples du Gewandhaus de Leipzig. Des trois quatuors dédiés à Clara,
c’est celui qui fut choisi par la veuve du compositeur pour être joué lors de l’inauguration, en 1880, du monument
d’Idolf Donndorf au vieux cimetière de Bonn.
Mercredi 29 juillet 2009 - 21 h
Lieu : Auditorium du campus Monceau Assurances - VENDÔME
Récital lyrique en partenariat avec l’Académie lyrique de Vendôme
Concert gratuit
Les jeunes artistes lauréats de l’Académie lyrique
Clemens Flick, piano
Jeudi 30 juillet 2009 - 21 h
Lieu: Auditorium du campus Monceau Assurances - VENDÔME
Wolfgang Amadeus Mozart, Quatuor en sol majeur
Premier des « Six quatuors dédiés à Haydn », le Quatuor en sol mineur de Mozart (n° 14, K. 387), achevé le 31 décembre 1782, marque un tournant important dans l’évolution stylistique du compositeur. Rien dans cette œuvre ne transparaît d’« un travail [de composition] long et pénible » où domine au contraire une atmosphère enjouée à peine traversée de quelques rares ombres. Des critiques ont parlé à son propos de « clair-obscur », et cela est juste tant Mozart s’évertue alors à dépasser les sommets de son aîné Haydn qui vient de publier ses Quatuors russes (op. 33, n° 1 à 6). Car il s’agit bien pour le jeune musicien d’inventer une nouvelle esthétique, voire un genre neuf, un « classicisme viennois » auquel seul Beethoven osera, de longtemps, se confronter. Dans ce quatuor, Mozart joue d’une plasticité remarquable, d’étranges gammes chromatiques ascendantes, d’un contrepoint serré, usant de tout son savoir-faire, y mettant de la joie, de l’espièglerie et aussi de la profondeur, prélude à d’autres aventures, à d’autres renouveaux…
Franz Schubert, Sonate pour piano en ut mineur
Franz Schubert composa d’une traite ces trois immenses sonates pour piano deux mois avant sa mort, à l’âge de 31 ans. Les envisageant comme un tout, le compositeur y trouva matière à réunir de nombreuses idées notées puis abandonnées au fil des ans. Primitivement écrit à l’intention de Hummel (un proche de Mozart), le « cycle » fut finalement dédié à Schumann lorsque Diabelli l’édita, à titre posthume, en 1839. Quoique d’une inspiration farouchement beethovénienne, la Sonate en ut mineur est aussi celle où s’exprime au mieux le génie poétique propre de Schubert, métaphysique, sinon « cosmique ».
Pressentiment d’une fin prochaine ? Il y a dans cette sonate une forte dose d’athématisme, de fantaisie qui, loin de nuire à son équilibre, la galvanise, lui insuffle une électricité absente dans les sonates en la et en si bémol, où le temps n’a plus de prise, ou si peu… On notera pour finir que la tarentelle conclusive, sans nul doute sardonique, tient d’une course à l’abîme que l’auteur du Roi des aulnes (le grand Goethe) ne pouvait qu’approuver.
Robert Schumann, Quintette en mi bémol majeur
Exécuté en privé chez les Voigt le 6 décembre 1842 avec Mendelssohn au piano, le Quintette de Robert Schumann connut un immense retentissement lors de la première audition publique (cette fois avec Clara), le 8 janvier suivant au Gewandhaus de Leipzig. Sorte de « concerto de chambre », cette partition majeure du répertoire romantique fait la part belle au soliste, sans que soit négligé un « accompagnement » fourni et fort complexe. D’un caractère héroïque dans son introduction, le Quintette op. 44 rend aussi hommage, dans sa marche « funèbre » (In modo d’una Marcia), à la 3e Symphonie de Beethoven ainsi qu’au mouvement lent du Trio D. 929 de Schubert. Si Liszt et Berlioz estimèrent le cadre par trop « classique », la postérité en jugea autrement : c’est l’une des partitions de chambre les plus jouées depuis sa création (on remarquera d’ailleurs que ni Liszt ni Berlioz ne devaient s’illustrer dans ce genre si particulier…).
Quatuor Leonis
Clemens Flick, piano
Vendredi 31 juillet 2009 - 21 h
Lieu: Chapelle Saint-Jacques - VENDÔME
Joseph Haydn, Quatuor n° 5 en ré majeur
Bach/Mozart, Adagio et fugue pour trio à cordes
Afin de se familiariser avec l’écriture serrée de Bach (que lui avait fait découvrir le baron Van Swieten), Mozart transcrivit pour trio, en avril 1782, trois fugues du Clavier bien tempéré ; transcriptions scrupuleuses qu’il n’augmenta que d’un demi-ton dans le souci de mieux les rendre au jeu des cordes. À ces transpositions (auxquelles il faut ajouter une fugue d’une Sonate en trio, une autre de L’Art de la fugue et enfin une dernière due à Wilhelm Friedemann Bach), Mozart inclut en outre des préludes, sous forme d’adagios, qu’il écrivit lui-même pour quatre des Six préludes et fugues (KV 404a) réalisés alors.
Max Reger, Sérénade en ré majeur pour flûte, violon et alto
Écrite en 1915, la Sérénade pour flûte, violon et alto (ou deux violons et alto) de Max Reger (1873-1916) répond comme en écho à celle qu’il avait composée onze ans plus tôt (op. 77a). Personnalité considérable de la musique allemande de la fin du XIXe siècle, Reger occupa très vite dans les esprits la place laissée par Brahms, alliant comme lui rigueur et inspiration romantique. Si dans le domaine de la musique de chambre ses six quatuors et son quintette avec clarinette dominent incontestablement, on ne saurait négliger ses sonates, son très beau sextuor, ni sa 2e Sérénade : toutes œuvres qui valurent au musicien le respect de ses pairs, en considération de sa science mais aussi de sa sincérité et de sa grandeur.
Wolfgang Amadeus Mozart, Quatuor en ut majeur
Très proches des pages galantes de Jean-Chrétien Bach, les quatuors avec flûte de Mozart furent écrits pour le public restreint des salons, souvent à la demande expresse d’amateurs éclairés. Daté de 1778, le Quatuor en ut majeur (KV 285a) est une œuvre « courte et facile » (selon le souhait du commanditaire De Jean) que Mozart composa rapidement à Mannheim peu de temps avant son second et catastrophique séjour parisien – séjour qui vit naître le très célèbre Concerto pour flûte et harpe, qui se conformait aux nouveaux canons de la mode française…
Bernard Chapron, flûte
Pascale Blandeyrac, violon
Philippe Dussol, alto
Benoît Grenet, violoncelle